La criminalité transfrontalière n’est pas une fatalité, mais le résultat d’un choix politique

Cette situation n’est pas le fruit du hasard. Elle est la conséquence directe d’une politique qui a progressivement renoncé à exercer un contrôle efficace de nos frontières. Au nom d’une vision idéologique de la libre circulation et d’une confiance aveugle dans les mécanismes européens, la Suisse s’est privée de l’un de ses premiers devoirs : protéger sa population.

Les forces de police accomplissent un travail remarquable. Elles arrêtent, enquêtent et interpellent. Mais combien de fois voient-elles les mêmes individus revenir ? Combien de bandes criminelles profitent-elles des failles actuelles pour cibler notre pays, où le niveau de vie élevé rend les butins particulièrement attractifs ? Les policiers ne peuvent pas compenser, à eux seuls, les lacunes d’une politique fédérale qui refuse d’agir en amont.

Genève en première ligne
À Genève, nous connaissons mieux que quiconque cette réalité. Notre canton est une porte d’entrée vers la Suisse. Cette ouverture constitue une richesse lorsqu’elle bénéficie aux travailleurs honnêtes, aux entreprises et aux échanges économiques. Elle devient toutefois un danger lorsque des criminels peuvent exploiter cette même ouverture sans rencontrer le moindre obstacle sérieux. Depuis 2021, la criminalité a augmenté de 8% dans le canton.[1]

Les citoyens ont le droit de vivre en sécurité. Ils ont le droit de voir leurs biens protégés et leurs familles préservées de cette insécurité grandissante. L’État n’existe pas uniquement pour constater les infractions après coup ; il doit aussi les prévenir. Cela passe notamment par des contrôles ciblés, efficaces et permanents lorsque la situation l’exige.

Le retour du contrôle des frontières est nécessaire
La Suisse doit retrouver la maîtrise de ses frontières. Il ne s’agit pas de remettre en cause les échanges légitimes, mais de distinguer clairement ceux qui viennent travailler, visiter ou commercer de ceux qui viennent commettre des délits. Cette distinction est non seulement possible, elle est indispensable.

Face à une criminalité transfrontalière qui ne cesse d’évoluer, l’immobilisme n’est plus une option. Notre pays doit reprendre en main sa sécurité et donner à ses autorités les moyens d’agir avant que les victimes ne se comptent par milliers supplémentaires.

L’initiative populaire pour la protection des frontières offre cette possibilité. Elle constitue une réponse de bon sens à une problématique bien réelle. Pour protéger efficacement notre population, notre sécurité et notre souveraineté, il faudra voter OUI lorsqu’elle sera soumise au peuple.

[1] https://www.ge.ch/document/criminalite-geneve-recul-marque-2025-au-dela-moyennes-nationales

Par Céline Amaudruz, Conseillère nationale, Genève (GE)

Partager cet article :

Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp